Tag Archives: 27/10/2016

011 -Jugendamt: entre mythe et mystification – Un exemple de 1941

Je m’efforce d’exposer  de manière théorique et détaillée comment et dans quel but l’entité politique Jugendamt (prononcer: You-Gaine-Tammte) agit pour s’emparer des droits de l’enfant mineur d’un parent non-allemand, notamment au travers de la mesure de la Beistandschaft  (prononcer: Bye-Stande-Tschafft). J’explique pourquoi la mission du tribunal familial allemand se résume à valider la décision politique du Jugendamt. Je ne manque jamais  de souligner l’impérieuse nécessité d’une administration de type national-socialiste pour pouvoir mettre en oeuvre une telle mesure et le comportement  implicitement criminel des juristes allemands qui l’appliquent et la cachent en toute connaissance de ses effets.

Parce que le pouvoir allemand cherche à me discréditer et que ces réalités terrifiantes dépassent de loin le pouvoir d’imagination de tout juriste et politique non-allemand, tous choqués par une telle comparaison, aujourd’hui au coeur de l’Union Européenne, je laisse aux intellectuels le soin de réfléchir à l’exactitude de mon propos au regard  du document ci-dessous, daté de 1941, donc de l’administration nationale-socialiste.

Il s’agit d’une “attestation” (Bescheinigung) rédigée le 21 juillet 1941 par le tribunal d’instance  (Amtsgericht) de la ville de Łódź, qui l’adresse au Jugendamt (plus exactement au Kreisjugendamt – c’est à dire celui des villes de plus de 100.000 habitants) de la même ville. Ce dernier le reçoit le 30 juillet, ce qu’atteste le cachet (bleu à gauche) apposé par le préposé du conseil communal (Landratsamt), service (Abteilung) Jugendamt.
Par ce document, le tribunal “atteste” (légalise) que “le Jugendamt de Litzmanstadt (Łódź en allemand) est tuteur (Vormund) de l’enfant né hors mariage le 26.06.1941 à Konstantinow, de Alicja Dwoniczak (sa mère) portant le nom de Irena Danuta Dwoniczak”. L’attestation est signée par le conseiller du tribunal d’instance (Amtsgerichtsrat)  qui n’est qu’un employé de tribunal.
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L’objet est ici de voler l’enfant d’une mère étrangère non-mariée (donné à une famille d’allemands pour y être germanisé), sans même l’entendre, tout en donnant une forme de légalité à ce crime, non pas par humanité ou par moralité, mais simplement pour se parer juridiquement, si plus tard, les choses devraient mal tourner.

Le vol du mineur s’effectue ici par la voie d’une “Vormundschaft” (placement sous tutelle), une  forme plus invasive, plus radicale, que la Beistandschaft (voir: Beistandschaft), exactement comme cela se  fait aujourd’hui, avec tout juste un peu plus de discrétion.

Analysons ce document pour le comprendre !
Le tribunal “atteste” en vertu de l’article 37 de la “Reichs-Jugend-Wohlfahrt-Gesetz” (RJWG) sur simple signature de son greffier (sans aucune procédure judiciaire) une situation.

De manière logique cette attestation répond à une requête, qui lui a été adressée en ce sens. Or, le demandeur n’apparait pas. Qui est le demandeur? Le JUGENDAMT lui-même !
Et parce que le Jugendamt est le demandeur, il ne doit pas apparaître. Tout doit être fait pour laisser croire que le juge aurait transféré l’autorité parentale de l’enfant sur le JUGENDAMT  à la demande d’un tiers, voire que le Jugendamt agirait à la demande du tribunal. Or, c’est exactement le contraire qui se passe.

Aujourd’hui, rien n’est différent de la procédure de 1941. Seule la forme s’est étoffée.
Le Jugendamt reste le demandeur. C’est lui qui est à l’origine de la décision politique dissumulée sous les termes abstraits de  Beistandschaft ou de Vormundschaft, que les acteurs de justice (avocats et experts y compris) ont pour mission d’entériner “deutsch-legal”.
Il en est lui-même le bénéficiaire (il conserve le mineur dans sa juridiction, sous son contrôle politique, et fait payer l’étranger pour l’enfant qu’il lui a soustrait).
La vraie différence de nos jours, est qu’il va rechercher le père disparu, auquel il fait le chantage à la pension alimentaire, pour pouvoir l’instrumentaliser à ses fins (comme je l’explique dans le document “Beistandschaft“). Des procédures sont tenues pour la forme (tout est décidé avant même l’ouverture du débt!), faisant intervenir des experts du Kindeswohl qui au travers de compte-rendus à caractère pseudo-scientifique attesten combien un contact avec la mère se révèlerait périlleux et nocif pour le Kindeswohl (économique) des Allemands. Tout cela est bien entendu moins sauvage et permet surtout de montrer une respectabilité  vis-à-vis d’une communauté internationale qui est loin de suspecter une organisation planifiée en ce sens.

Hier comme aujourd’hui, l’intervention arbitraire et secrète du Jugendamt disparaît dans le jeu des procédures judiciaires. C’est d’ailleurs fort de cette assurance que politiques et juristes allemands peuvent claironner haut et fort, dans les toutes instances internationales, qu’un plaignant qui s’estime lésé, peut toujours saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Ils savent eux, bien sûr, que cette dernière ne statue que sur la base de décisions judiciaires et jamais sur celle de décisions administratives. Les décisions politiques du Jugendamt, qui conditionnent la décision finale, étant de nature administrative,  la Cour ne peut jamais parvenir à identifier pourquoi et comment le Gouvernement allemand viole systématiquement les droits fondamentaux des parents et des enfants. Et trompe l’ensemble de la communauté internationale. Sans même parler des greffiers de langue allemande chargés de filtrer les dossiers pour les épurer des preuves compromettantes.

Pour terminer attardons nous sur la date de ce document, le 21 juillet. Certainement un détail anodin pour tous. Pas pour qui connait la manière de procéder des Allemands modernes (ceux que l’on rencontre au Parlement Européen ou dans les conférences de juristes).

Comme je l’explique dans divers autres textes (Beistandschaft et Jugendamt) la capture des enfants s’effectue aujourd’hui (comme hier) de manière planifiée, par surprise, toujours un vendredi, à la veille du week-end, l’objet est bien-sûr d’entraver une réaction rapide des parents.
Le Jugendamt est inattaquable.Il détient des pouvoirs de police et de justice, il opère en toute autonomie (art. 28-2 GG). Il embarque donc les mineurs de sa propre initiative, souvent à l’école, toujours le vendredi (rarement un jeudi, quand son carnet de commande est plein) avec l’appui de la police et si nécessaire du médecin légiste.
Tout cela – bien sûr – sans information préalable aux parents, sans procédure, ni décision de justice, qu’il obtiendra plus tard, une fois le fait accompli.
Précisons tout de même à qui cela ne serait pas clair, que s’il agit ainsi, c’est pour bien créer le plus grand choc émotionnel possible, car la déstabilisation du parent et de l’enfant lui servira plus tard pour argumenter et motiver la justesse de sa décision inhumaine.

Puisque les politiques allemands me reprochent d’employer à tord le terme “national-socialiste” pour qualifier une telle attitude, regardons si l’administration allemande procédait de manière différente, sous le gouvernement du Chancelier Hitler.

Le 21 juillet 1941 – je me suis donné la peine de le rechercher – est comme par hasard un vendredi. Le Jugendamt a donc volé l’enfant de 1 mois à sa mère (à ses parents non-mariés) un vendredi pour qu’elle ne puisse pas réagir, qu’elle se culpabilise ou s’énerve tout le week-end. Afin de pouvoir exploiter contre sa colère ou son angoisse. Elle ne sait pas où se trouve son enfant, on ne lui donnera aucune nouvelle et surtout elle ne sait absolument pas ce qu’on lui reproche. Une situation très déstabilisante.

Le jour même de la capture, le Jugendamt demande au tribunal (par téléphone) de lui attribuer la tutelle. Celui-ci s’exécute et la lui délivre sans sourciller. 4 jours plus tard, le mardi 30 juillet, l’attestation parvient au Jugendamt, qui dès lors est devenu le “parent d’Etat” plénipotentiaire.

Le Jugendamt sait que le temps nécessaire à cette mère pour se remettre du choc émotionnel, pour trouver, consulter et dépêcher un avocat au tribunal est long. L’absence d’une requête de sa part, et concomitamment celle d’une décision judiciaire, lui permet de cacher l’enfant enlevé à une adresse tenue secrète, sans même violer la Loi.

Face à la mère décomposée qui cherche partout son enfant et qui vient supplier l’employé du Jugendamt de lui dire l’adresse où il se trouve et là où elle aurait pu fauter en tant que mère, cet employé (il s’agit s’agit toujours d’un collègue de celui qui a commis le rapt) se sera affranchi d’une quelconque responsabilité dans le rapt: C’est le juge qui a décidé!
Puis il aura fait preuve de l’insoutenable compassion et de l’incalculable impuissance, si propres à ses collègues d’aujourd’hui, pour invoquer mécaniquement, la seule et unique issue possible pour retrouver un éventuel contact (même au téléphone) avec l’enfant: La procédure judiciaire.
Précisément la procédure qui servira à judiciariser le rapt perpétré par le Jugendamt, en le couvrant du semblant de contradictoire. Inutile de préciser – j’espère – que cette mère n’aura jamais revu son enfant et que l’enfant de 1 mois au moment de sa capture n’aura jamais connu sa mère. Il portera sans aucun doute un nom allemand.

En pratique, aujourd’hui, ce qui se passe avec une mère étrangère célibataire dans l’Allemagne moderne est exactement ce qui se passait en 1941. Avec quelques nuances de formes;
Une fois l’enfant capturé par surprise, avec l’appui de la police, le Jugendamt contacte le tribunal dans le but de couvrir son crime d’une légalité toute allemande.
Une décision urgente est rendue par le juge dans le quart d’heure, sans convocation des parties, au motif d’une urgence qui n’existe pas, inventée de toutes pièces, dans le seul but de créer le fait accompli.
Il communique sa décision dans la minute au Jugendamt, soit par fax, soit par courriel.
Le motif qui justifie la décision urgente  du tribunal est généralement une mise en péril non pas du “bien-être de l’enfant” (comme cela est toujours traduit de manière erronée), mais du “bien-être de la communauté des Allemands PAR l’enfant” (Kindeswohl). Ce motif fourni par le Jugenamt est toujours violemment accusateur de la mère étrangère et livré – bien entendu – sans preuve tangible. Ceci dans l’idée de la stimuler à réclamer elle-même l’intervention de l’expert, dont elle ne doute pas qu’il viendra la disculper. Elle ignore, bien sûr, que dans ce jeu de sadiques, juge et Jugendamt ont besoin de cet expert pour gagner le temps nécessaire à créer le fait accompli (sur lequel on ne reviendra plus) et dissimuler l’attentat qu’ils ont commis contre elle. En conséquence, c’est donc elle qui sûre de faire tomber les accusations fallacieuses Jugendamt, réclame l’intervention de celui qui viendra justifier le vol de son enfant.
La décision urgente du tribunal est connue du seul Jugendamt. Là non plus cet état de fait est dénué de toute arrière pensée. L’idée est ici de contraindre la mère à prendre elle-même l’initiative de mandater un avocat allemand, simplement pour connaitre les motifs qui ont conduit au rapt de son enfant. Mais un tel avocat a prêté serment pour défendre le principe du Kindeswohl allemand. Il ne défendra donc jamais autre chose que les droits allemands de sa cliente étrangère (ceux qui servent à la communauté des Allemands), ce qui en pratique se résume à l’accompagner aussi longtemps que possible sur le “chemin du droit allemand” (deutscher Rechtsweg) et la délester de ses économies. Ce qui par définition sert le principe économique du Kindeswohl (de l’enrichissement par l’enfant).
Dans le même registre, Jugendamt et tribunal s’utilisent réciproquement l’un et l’autre, pour exorter leur impuissance, se renvoyer mutuellement la responsabilité de la non-décision judiciaire (en l’abence de décison, aucun recours n’est possible!), se déclarer en attente de la décision de l’autre, afin ne pas statuer sans laisser transparaître  que là est précisément leur intention.

Pour terminer ce tour d’horizon plus que partiel du vice de légalité allemande, je préciserai un point de détail absolument essentiel pour comprendre comment les responsables politiques et les juristes allemands nous flouent, avec une intention délibérée de le faire;

Une mère dans la situation ici décrite, qui se rend au tribunal pour la première audience, ignore que le juge face auquel elle va se retrouver a déjà statué secrètement dans son affaire. Et que pour cette raison bien précise, il ne pourra faire autre chose que de confirmer la décision rendue à la demande du Jugendamt, le jour où celui-ci lui a volé son enfant. Il montrera alors sa grande impuissance devant des faits qui feront de lui  quasiment la victime de la procédure.
En effet, ayant déjà jugé une première fois, il ne peut pas se déjuger la seconde fois. Son travail consistera donc à transformer la décision urgente et secrète, en une décision provisoire identique dans la forme et dans le texte.
Ce qui aura pour effet immédiat de ne pas statuer et gagner le temps nécessaire à faire intervenir d’autres personnages pour ne pas lui rendre l’enfant et lever pour elle toute possibilité de constituer un recours contre cette non-décision.
Mais l’effet le plus pervers est ailleurs; la décision provisoire se substitue à la décision urgente, rendue dans le secret. Qui consulte plus tard le dossier, est convaincu que la décision de placer l’enfant sous la tutelle du Jugendamt a été prise après l’audition de la mère par le tribunal.

Le cas de la mère polonaise de 1941 n’était nullement un cas isolé; plus de 160.000 enfants ont été spoliés “deutsch-legal” à leurs parents étrangers pendant le troisième Reich, exactement comme je viens de le décrire ici, c’est à dire en respect de la Loi allemande.
Pas plus que les cas de spoliation d’enfants sont des cas isolés dans l’Allemagne moderne.
A peu près 10% de tous les mineurs en Allemagne font l’objet chaque année d’une mesure de “protection” de la part du Jugendamt (c’est à dire Beistandschaft, Vormundschaft, Unterhaltvorschuss, etc..). Soit 1,4 million de mineurs.
Le nombre de mineurs arrachés en 2015 à leur famille par le Jugendamt (Inobutnahmen) pour, dans la plupart des cas, être germanisés de force, s’est élevé à 78.000 mineurs.
Le cumul de ces cas sur la période 2005 – 2015 s’est élevé à 430.000 mineurs.

Quel intellectuel voudrait au regard de cette preuve, affirmer que traiter les procédures de justice allemandes de procédures nazies serait une offense pour les Allemands?
Ne pas les traiter de ce qu’elles sont, à savoir de procédures en tous points identiques à la philosophie et l’idéologie nazie, pour ne pas froisser nos “amis” allemands – ceux qui nous volent nos enfants “deutsch-legal” – ne reviendrait-il donc pas au final à les protéger, parce qu’il serait interdit de dire la vérité?
Ne seraient-ce donc pas plutôt ces procédures et les mensonges des responsables politiques allemands qui les couvrent, qui constitueraient en eux-mêmes une grave offense à leurs victimes et à l’Union Européenne?

Le Jugendamt, mythe ou mystification?

Olivier Karrer
Paris

 

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