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022 – Achtung bébés en Allemagne

Achtung bébés en Allemagne !
Comment perdre vos parents par le volontariat obligatoire des tribunaux allemands

Dans ces beaux yeux noirs, il y a tout un monde à découvrir avec l’aide de papa et de maman. Mais pour lui, cela ne sera pas ainsi. Un de plus, un enfant italien parmi tant d’autres, né de parents italiens établis en Allemagne, grandira dans une famille d’Allemands. Tout comme les autres, il ne parlera jamais sa langue maternelle, celle qui véhicule les émotions, les baisers, les caresses, celle qui transmet la sérénité avant même de commencer à la comprendre, celle dont il entendait déjà la mélodie quand il était dans le ventre de sa mère. Il ne connaîtra jamais ses grand-parents, ses oncles, ses cousins.

Ses parents qui l’avaient tant désiré ont déménagé en Allemagne. Pour y trouver un emploi et lui donner un meilleur futur. Parce que cela est malheureusement ce à quoi les politiques nous obligent ; émigrer pour avoir l’espoir d’un travail et celui d’une vie meilleure. Les médias italiens ne font que renforcer l’idée de cet eldorado germanique. Une idée longtemps propagée par la génération d’émigrés des années 60.

A cette époque, l’Allemagne était un pays occupé et contrôlé, même si cela ne se percevait pas de prime abord. Mais l’Allemagne réunifiée n’est plus celle de ces temps là.
Aujourd’hui, c’est le pays qui contrôle les autres dans l’Union Européenne, au travers leurs économies et leurs tribunaux. Et c’est surtout le pays dans lequel le JUGENDAMT (prononcer : You-Gaine-Tammte) a récupéré sa liberté d’action, celle qui lui permet de s’accaparer des enfants. Il les utilise comme instrument pour faire entrer d’énormes masses de capitaux dans le pays. Et ces derniers lui permettront dans un proche futur de transférer les biens immobiliers détenus à l’étranger pour les placer dans les mains des Allemands. Ceci en application du règlement européen 650/2012.

Revenons à notre jeune couple;
Pour eux, l’eldorado germanique décrit dans les médias italiens se matérialise très vite par un travail laminant, des équipes de nuit massacrantes et un loyer exorbitant pour un minuscule appartement de 14m².Mais les deux époux sont jeunes. Ils ne se laissent pas impressionner par de telles adversités. Moins encore depuis le jour ou ce fils tant désiré et tant aimé a comblé leur vie de bonheur.

Dormir à trois dans un espace si restreint signifie bien sûr être contraints à partager un même lit. Une situation peu adaptée en présence du nouveau-né, qu’ils placent au milieu d’eux, de peur qu’il ne tombe du lit. Ils n’imaginent pas pouvoir lui faire du mal dans leur sommeil. Et c’est malheureusement ce qui arrive.

Le jour où ils l’emmènent à l’hôpital, parce qu’il ne cesse de pleurer, les médecins diagnostiquent la fracture d’une côte. En fin de consultation, au lieu de rentrer à la maison avec papa et maman, bébé est emporté sous un prétexte fallacieux. Ses parents subissent une sorte d’interrogatoire, pris à part, dans une pièce de l’hôpital.
Tout ceci pourrait – bien sûr – cadrer avec les principes fondamentaux d’une protection infantile, qui dans un premier temps, écarte des enfants de parents, qui auraient pu être été violents.

Mais ces deux parents sont jeunes, ils manquent d’expérience et surtout ils ne connaissent pas l’Allemagne; Ils ne comprennent pas ce qu’est le Jugendamt. Ils ne comprennent pas que si le Jugendamt et toutes ses associations connexes cherchent à les opposer l’un à l’autre, c’est pour qu’ils s’accusent mutuellement, pour qu’ils se désolidarisent l’un de l’autre.  Ils comprennent encore moins que si  le Jugendamt leur propose d’entrer dans une structure avec leur nouveau-né, au prétexte d’apprendre à devenir de bons parents, il cherche en réalité à prendre le contrôle de l’enfant.

Tous deux acceptent immédiatement la proposition que leur fait le Jugendamt. D’ailleurs, ils ne veulent pas courir le risque de faire naître des soupçons. Ils n’ont rien d’autre à se reprocher que d’être pauvres et d’avoir du partager le lit avec leur bébé. Le papa présente même une attestation de son employeur, qui lui accorde la faculté de participer à ce que l’on leur présente comme un « cours ».  Un cours qui a toutefois une finalité non-dite : celle de leur enlever l’enfant à l’abri de tout regard indiscret.

Et c’est précisément ce qui se passe; Ce “cours” pour lequel ils ont signés, n’était autre qu’une feinte pour obtenir de leur part une signature, dont ils ignorent qu’il s’agit d’une décharge d’autorité parentale. Ils ne pouvaient pas le comprendre. Le bébé est dorénavant élevé par des personnes qui lui sont totalement étrangères. Il ne peut plus être allaité par sa mère. Il n’entend plus sa voix si rassurante.

Puis au tribunal advient l’habituel coup de théatre.
Celui qui a lieu presque toujours, une fois que le Jugendamt a créé les faits accomplis.
Aux parents on explique qu’ils ne peuvent pas intégrer la structure, parce qu’ils ne parlent pas assez bien l’allemand (ce qui bien évidemment pourrait laisser poindre le doute que ce qui est incriminé ici, n’est pas tellement la langue, mais bien plutôt la nationalité).
Toutefois, on fait une proposition aux parents, proposition qui se fonde le classique « volontariat obligatoire », sorte de chantage qui ne dit pas son nom, mais qui est la trame de fond de la justice familiale allemande.
On leur laisse entrevoir  l’idée que s’ils acceptaient de confier leur bébé de manière « temporaire » à une famille d’accueil, ils pourraient alors récupérer leur « droit de garde » ou, dans la terminologie allemande, le « droit de décider du lieu de séjour » de leur enfant. Néanmoins, s’ils devaient refuser cette proposition, alors ils s’exposeraient au risque de perdre définitivement leurs droits parentaux.

Ces jeunes parents qui ne comprennent pas le sens de la terminologie juridique d’une langue qu’ils ne maîtrisent pas, n’ont pas d’autre choix que de se fier aux conseils de leur avocat allemand. Or, celui-ci ne peut défendre que les intérêts allemands de leurs clients étrangers, autrement dit le don de l’enfant étranger au Jugendamt, en échange du paiement par les parents des frais d’entretiens et d’éducation de leur enfant.

Incapables d’imaginer le scénario que le Jugendamt leur prépare depuis le premier jour, les parents acceptent la proposition qui leur est faite. D’ailleurs, ils n’ont pas d’autre choix.

De placement temporaire, le temps de recueillir leur consentement devant le tribunal, le placement se transforme rapidement en un placement définitif. L’enfant est depuis prisonnier d’une “Dauerpflegefamilie” allemande, “d’une famille de soins de longue durée”, duquel il ne ressortira jamais. Seule sans une intervention puissante non seulement du gouvernement italien, mais de tous les autres gouvernements pourrait sauver cet enfant, un parmi des dizaines ou peut-être des centaines de milliers d’autres dans sa situation.

Comment en sommes-nous arrivés là?

Le tribunal allemand, après le travail de préparation et de conditionnement psychologique par le Jugendamt, a placé les parents devant un chantage diabolique:

Soit obtenir un droit de garde, qu’ils ne pourront pas exercer ou faire le don définitif de leur enfant à l’Allemagne, pour ne pas perdre leurs droits parentaux.

Et ce “volontariat obligatoire” cache un autre aspect, qui n’est pas des moindres;
A la lecture des décisions, ce ne sont pas les Allemands qui ont pris l’enfant, ce sont les parents eux-mêmes qui ont donné “volontairement contre leur gré” leur propre enfant. Parce que le système ne leur a pas laissé d’autre choix.

Voilà ce qui se répète tous les jours dans des tribunaux familiaux allemands.
Voilà un exemple parmi tant d’autres de ce qu’est le “volontariat obligatoire” qui fonde le principe d’équité en Droit familial allemand.

Désormais dans les grands yeux noirs de ce bébé, qui découvriront le monde sans l’aide de papa et de maman, ne se reflètera plus que la tristesse du monde allemand. Cette voix si douce, si mélodieuse et si rassurante n’est plus déjà que le lointain souvenir d’une identité “volontairement” éradiquée, “contre de le gré” de ses parents non-allemands, victimes d’une justice traître, nationaliste et impitoyable.

Traduit de l’italien, adapté et complété par
Olivier Karrer

sur la base de l’original:
http://jugendamt0.blogspot.it/2016/11/come-perdere-un-figlio-andando-lavorare.html

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